Traitements

 

Il n’existe malheureusement à ce jour aucun traitement qui permette de guérir une ichtyose quelque soit sa forme. Les traitements disponibles permettent de diminuer les squames et d’améliorer le confort cutané et l’aspect de la peau.
Ces traitements peuvent être divisés en traitement locaux (crèmes et pommades) et traitements systémiques (sous forme de comprimés).

Les traitements locaux

comprennent des crèmes hydratantes simples ou dans lesquelles sont ajoutées des agents qui vont permettre de mieux détacher les squames et que l’on appelle des kératolytiques (urée, acide salicylique). Ces traitements locaux ont l’inconvénient d’avoir une efficacité limitée et d’être contraignant. En effet, ils doivent être appliqués 1 à 2 fois par jour et laissent sur la peau un film gras. Parmi ces traitements locaux, seuls les préparations magistrales et le DexerylR sont remboursées en France.

Traitement systémique

Il n’existe à ce jour qu’un seul traitement systémique qui est: le SoriataneR (acitrétine). Ce médicament appartient à la famille des rétinoïdes. Il s’agit d’un médicament efficace mais qui a des effets indésirables. En effet, ce médicament peut entraîner des anomalies du foie ou des lipides sanguins, ce qui justifie d’un suivi biologique. Chez l’enfant, s’il est utilisé à très forte dose il peut avoir des effets indésirables sur les muscles ou les articulations. En cas de traitement prolongé il pourrait aussi y avoir un risque d’ostéoporose (fragilisation osseuse) à l’âge adulte.

Ce médicament n’est pas adapté au traitement de la femme jeune car les grossesses sont interdites pendant le traitement et pendant les 2 années qui suivent en raison d’un risque de malformations graves chez le bébé. La contraception doit donc impérativement être associée chez la femme en âge de procréer.
Une crème contenant des rétinoïdes est en cours d’étude et pourrait être prochainement disponible dans l’ichtyose.

Les cures thermales

Les cures thermales peuvent améliorer l’état de la peau, avec peut-être un effet qui se prolonge au-delà de la cure.

L’avenir consiste en la recherche de traitements permettant de corriger l’anomalie qui est la cause de l’ichtyose (remplacement de la protéine manquante par exemple) ou sur la correction des conséquences de cette anomalie, voire sur la thérapie génétique. La thérapie génique est une stratégie thérapeutique qui consiste à faire pénétrer des gènes dans les cellules ou les tissus d'un individu pour traiter une maladie.

 

Vitamine D

Pour rappel, la vitamine D provient en partie de l'alimentation (poissons gras, oeufs...) mais la majeure partie est fabriquée directement par la peau sous l'action des rayons du soleil. La vitamine D joue un rôle très important dans la santé osseuse (une ostéoporose ou des fractures peuvent survenir si on en manque). Elle joue probablement également un rôle dans la protection contre certaines maladies, contre le cancer ou les maladies cardio-vasculaires.

Selon les experts, le taux sanguin idéal de vitamine D doit être supérieur à 30 ng/mL. La carence est défini par un taux inférieur à 10 ng/mL.

Suite à une étude réalisée par le centres de références des maladies rares de la peau (Bordeaux-Toulouse) Il a été trouvé qu’environ 87% des personnes atteintes d'ichtyose avaient une vitamine D trop basse, avec pour un tiers d’entre eux une vraie carence. Pour certains, cette carence en vitamine D avait des conséquences sur le taux de calcium et sur la fragilité de l’os (diminution de la densité minérale osseuse à l’ostéodensitométrie). Comme cela a déjà été montré dans certaines situations, la vitamine D était particulièrement basse en hiver et au printemps (car il y a moins de soleil). Le centre a également montré que les personnes les plus à risque de carence étaient celles qui avaient une couleur foncée de la peau (car le soleil peut moins bien passer pour fabriquer la vitamine D) et ce qui avait une maladie sévère (probablement car les squames empêchent aussi le soleil de bien pénétrer).

Cette étude confirme donc que les personnes atteintes d'ichtyose sont à risque de présenter un manque de vitamine D (87% ont un manque, contre 65% dans une population de personnes n’ayant pas de maladie particulière).

Le centre recommande donc un dosage systématique de la vitamine D chez les personnes atteintes d'ichtyose (il faut doser la 25OHD). A fortiori, si l'ichtyose est sévère, la peau foncée et que l’on est en hiver et au printemps, le risque est encore plus fort.

Ce dépistage permettra de prescrire aux personnes un traitement (ampoules de vitamine D à boire) et de mettre en place un suivi. Ceci permettra de retrouver un taux normal de vitamine D et d’éviter dans le futur des complications osseuses comme des fractures.